Imagine le soleil qui s'éteint, une étoile qui s'échappe de son propre système. Son propre chez-elle. Ça m'a rappelé quand j'étais petite et que la maîtresse nous expliquait qu'un jour, un beau jour, le soleil allait s'éteindre. Se refermer sur lui-même. En position fœtale, comme lorsqu'on se fait larguer comme une merde... Je me souviens qu'en rentrant chez moi le trajet a été plus long que d'habitude, dans la voiture de mon père. On n'a pas parlé [ comme d'habitude ], le bruit du moteur, moi à l'arrière et ma tête posée sur la vitre qui vibrait légèrement, les yeux regardant le ciel, le paysage qui défile à la vitesse de Mach-un et l'angoisse soudaine qui plante ses vieux ongles dégueulasses dans mon bide. L'angoisse de réaliser que tout allait avoir une fin. Pompt consience de la mort des choses. Ça fait depuis mes cinq ans que je ressens ça [ j'en ai vingt-deux ], par intermittence. Dix-huit ans que je suis restée dans cette putain de bagnole à me demander :

"quand c'est ce que le soleil il va s'échapper de chez lui ?,
je l'aime bien moi le soleil
J'ai pas envie qu'il meurt moi, le soleil... ¯\_(ツ)_/¯"